Installation plomberie en PER : guide complet et pratique

Dans le monde de la rénovation et de la construction, la plomberie a connu une véritable révolution avec l’arrivée de matériaux synthétiques. Fini le temps où le cuivre et la soudure étaient les seules options. Aujourd’hui, la plomberie sans soudure est devenue la norme pour créer un réseau sanitaire, et le tube PER (Polyéthylène Réticulé) en est le parfait exemple. Sa flexibilité, sa simplicité de mise en œuvre et son coût attractif en font une solution de choix pour les bricoleurs comme pour les professionnels.

Réaliser une installation plomberie en PER est un projet accessible, à condition de bien en comprendre les principes, de choisir les bons raccords et de respecter quelques règles essentielles. Ce guide est conçu pour vous accompagner dans votre projet de rénovation, en détaillant les avantages de ce matériau, les différentes techniques de raccordement et les bonnes pratiques pour garantir un circuit d’alimentation en eau fiable et durable.

Pourquoi choisir le PER pour sa plomberie ?

Le tube PER a largement supplanté les matériaux traditionnels dans les installations domestiques neuves et en rénovation. Ses avantages expliquent ce succès.

1. Flexibilité et simplicité de pose : Contrairement au cuivre qui est rigide et nécessite de nombreux raccords coudés, le PER est un tuyau souple qui peut être courbé à la main. Il permet de relier un point A à un point B avec une seule longueur de tuyau, limitant ainsi le nombre de raccords et donc de potentiels points de fuite. Cette flexibilité simplifie grandement la pose, notamment dans les cloisons ou les faux plafonds.

2. Résistance à la corrosion et au calcaire : Étant un matériau de synthèse, le PER est totalement insensible à la corrosion. De plus, sa surface intérieure très lisse limite les dépôts de calcaire, ce qui garantit un débit constant sur le long terme et préserve la qualité de l’eau.

3. Isolation phonique et thermique : Le PER atténue naturellement les bruits de circulation de l’eau. Il est également un mauvais conducteur thermique, ce qui réduit les déperditions de chaleur sur les canalisations d’eau chaude.

4. Coût abordable : L’un des grands atouts du PER est son prix. Le matériau en lui-même est bien moins cher que le cuivre, et la rapidité de mise en œuvre d’une installation plomberie en PER permet de réduire les coûts de main-d’œuvre.

Il existe deux couleurs principales pour distinguer les circuits : le bleu pour l’eau froide et le rouge pour l’eau chaude.

Raccords : à glissement, à compression, à sertir

Le secret d’une plomberie sans soudure réussie réside dans la qualité de ses raccords. Pour le PER, il existe trois grandes familles de raccords, chacune avec ses spécificités.

1. Le raccord à compression : C’est le plus simple à mettre en œuvre et il ne nécessite aucun outil spécifique, à part deux clés plates. Le raccord se compose d’un écrou et d’une bague fendue. En serrant l’écrou, on vient comprimer la bague sur le tuyau, assurant ainsi l’étanchéité. C’est une bonne solution pour les bricoleurs débutants, mais ces raccords doivent impérativement rester accessibles pour un éventuel resserrage. Ils ne peuvent donc pas être encastrés.

2. Le raccord à glissement : Considéré comme le plus fiable, le raccord à glissement est la solution privilégiée par les professionnels. Il peut être encastré sans risque. Sa mise en œuvre demande un outillage spécifique : une pince à évaser et une pince à glissement. Le principe consiste à élargir l’extrémité du tube PER, à y insérer le raccord (la tétine), puis à faire coulisser une bague métallique par-dessus avec la pince. Cette bague vient comprimer le tuyau sur le raccord de manière indémontable et parfaitement étanche.

3. Le raccord à sertir : Similaire dans le principe au raccord à glissement, il nécessite une pince à sertir (manuelle ou électrique). Une bague en inox est positionnée sur le tuyau au niveau du raccord, et la pince vient la déformer pour la verrouiller de façon définitive. C’est une méthode très rapide et fiable, également adaptée à une pose encastrée.

Le choix du type de raccord dépendra de votre budget (l’outillage pour les raccords à glissement ou à sertir représente un investissement), de la nature de la pose (accessible ou encastrée) et de votre niveau de confort avec les outils.

Pose encastrée ou apparente ?

Une installation plomberie en PER peut être réalisée de deux manières, mais l’une est fortement recommandée.

La pose apparente : Bien que possible, elle est déconseillée pour deux raisons majeures. Premièrement, le PER est sensible aux UV. Une exposition prolongée à la lumière du soleil le rend cassant. Deuxièmement, le matériau se dilate assez fortement avec la chaleur, ce qui peut donner un aspect inesthétique à une installation apparente (tuyaux qui « gondolent »). Si vous optez pour une pose apparente, il faut utiliser de nombreux colliers de fixation et protéger le tuyau de la lumière.

La pose encastrée : C’est la méthode de prédilection pour le PER. Les tuyaux sont passés à l’intérieur de gaines (rouges ou bleues) puis encastrés dans les dalles, les murs ou les cloisons. La gaine a un double rôle : elle protège le tuyau PER des frottements et des agressions du mortier, et elle permet, en cas de problème, de pouvoir retirer le tuyau défectueux et d’en enfiler un nouveau sans avoir à tout casser. C’est un avantage considérable pour la maintenance du réseau sanitaire.

Bonnes pratiques pour éviter les fuites

Une installation fiable repose sur le respect de quelques règles simples mais essentielles.

  • Préparer le tube : Coupez toujours le tube PER avec une pince coupe-tube spécifique. Une coupe au cutter ou à la scie à métaux n’est pas nette et risque de compromettre l’étanchéité du raccord.
  • Respecter le rayon de courbure : Bien que flexible, le PER ne doit pas être plié à angle droit. Respectez un rayon de courbure minimal (généralement 5 à 7 fois le diamètre du tuyau) pour ne pas le pincer et créer un point de faiblesse.
  • Utiliser des gaines : Pour toute pose encastrée, l’utilisation d’une gaine de protection est obligatoire.
  • Ne pas mélanger les systèmes : Utilisez des raccords et des tuyaux de même marque et de même système. Les tolérances de fabrication peuvent varier d’un fabricant à l’autre.
  • Tester l’installation : Avant de refermer les cloisons ou de couler la chape, mettez l’ensemble du réseau sous pression (avec de l’air ou de l’eau) pendant plusieurs heures pour vérifier l’étanchéité parfaite de chaque raccord. Cette étape est cruciale pour la sérénité future.

FAQ – PER ou multicouche, durée de vie, coût

Vaut-il mieux choisir du PER ou du multicouche ?
Le multicouche est une évolution du PER. C’est un tube composé de trois couches : une couche de PER à l’intérieur, une âme en aluminium au milieu, et une autre couche de PER à l’extérieur. L’aluminium lui confère deux avantages sur le PER : il est totalement étanche à l’oxygène (ce qui est important pour les circuits de chauffage) et il garde la forme qu’on lui donne (il a une « mémoire de forme »), ce qui facilite les installations apparentes. Pour un réseau sanitaire d’eau potable, le PER est souvent suffisant, mais le multicouche offre un confort de pose supérieur. Les raccords sont similaires (compression, sertissage).

Quelle est la durée de vie d’une installation plomberie en PER ?
Un PER de bonne qualité, posé dans les règles de l’art (protégé des UV, non pincé), a une durée de vie d’environ 50 ans. C’est un matériau très fiable et durable pour un usage domestique.

Quel est le coût moyen d’une installation en PER ?
Le coût est très variable selon la taille du logement et le type de raccords utilisés. Cependant, à titre indicatif, le prix du tube PER est environ 2 à 3 fois moins cher que le cuivre. Le gain se fait aussi sur le temps de pose, qui est beaucoup plus rapide. Globalement, on peut estimer qu’une installation plomberie en PER coûte entre 30 % et 40 % moins cher qu’une installation équivalente en cuivre.

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